Selon les chiffres publiés l’année dernière par le SDES (Service des données et études statistiques), les « passoires thermiques » (étiquettes F et G du diagnostic performance énergétique) représentent 17% du parc immobilier français, soit 4,8 millions de logements (un bâtiment sur cinq). Se trouvant en abondance dans les départements montagneux et ruraux, ces logements sont souvent des bâtiments construits avant 1948, des petites surfaces et des maisons individuelles. Par ailleurs, le même rapport évalue à 34% du parc la part des biens de classe D et à 24% les logements de classe E. Dans tous les cas, les médiocres performances énergétiques des bâtiments les plus énergivores découlent notamment d’une isolation défaillante ou très insuffisante, supprimant le confort thermique en hiver comme en été. La déperdition thermique ainsi engendrée est tellement conséquente que les ménages sont obligés de booster leur consommation énergétique pour pouvoir vivre dans des conditions acceptables.

Au vu de ces chiffres plutôt alarmants, il n’est pas surprenant que les pouvoirs publics souhaitent que les parcs immobiliers privés et publics prennent part, de façon substantielle, à l’effort national de rénovation énergétique. Pour ainsi donner un réel coup d’accélérateur à la réduction de l’empreinte énergétique de ces parcs, le gouvernement, dans le cadre de son plan « France Relance », a positionné 6,7 milliards d’euros d’aides sur la rénovation énergétique des bâtiments, privés comme publics. Son objectif s’avère donc louable : encourager et aider les ménages français, surtout les plus modestes, à entreprendre des travaux visant à améliorer les performances énergétiques de leur logement ou, le cas échéant, à sortir leur bien de son statut de passoire thermique. Découvrez dans cet article les bénéfices majeurs d’une rénovation énergétique.

L’importance de confier les travaux de rénovation énergétique à des professionnels

Composante majeure de la transition énergétique, la rénovation énergétique se rapporte à un ensemble de travaux aspirant à minimiser les besoins énergétiques d’un bâtiment, mais également à minimiser ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Ces travaux vont de l’isolation thermique au changement de chaudière, en passant par le calorifugeage, le relamping (remplacement des lampes énergivores), le remplacement des vitrages et menuiseries, la mise en place d’un système de ventilation et l’installation de dispositifs de régulation.

En d’autres mots, rénover énergétiquement son habitation, c’est faire le choix de booster les performances énergétiques de son logement tout en réduisant son empreinte carbone. La rénovation énergétique peut aussi aboutir à l’amélioration de l’efficacité énergétique du bâtiment lorsqu’il intègre l’installation de dispositifs de production d’énergie renouvelable (panneaux photovoltaïques par exemple) permettant au foyer de produire de manière autonome sa propre énergie.

Quelle que soit l’ampleur des travaux à réaliser, la rénovation énergétique ne s’improvise pas. Et même si un proverbe dit que l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, celui-ci ne s’applique pas dans ce cas précis. Ainsi, il ne faut pas hésiter à solliciter l’assistance d’une société de rénovation afin de confier à des professionnels le soin de réaliser ses travaux de rénovation énergétique. Une entreprise de rénovation est en effet la mieux placée pour s’occuper de tous les jalons de votre projet et s’assurer que l’ensemble des travaux puissent, une fois réalisés, entraîner un gain énergétique et de confort thermique conséquent.

Tout au long de leur intervention, les experts d’une telle société vous prodigueront des conseils avisés et vous suggèreront différentes possibilités au service de la réussite de votre projet. Pour ce qui est du coût des travaux, vous pourrez sans doute accéder à des aides gouvernementales qui vous permettront de réduire au maximum votre reste à charge. N’hésitez pas à vous renseigner sur votre éligibilité aux aides de l’État comme MaPrimeRénov ou l’aide « Habiter mieux » de l’Anah (agence nationale de l’habitat).

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La rénovation énergétique est synonyme de confort et d’économie énergétique

En rénovant énergétiquement un bâtiment, et donc en améliorant l’isolation du bâti, on adapte son logement à toutes les saisons pour un réel confort thermique. L’habitation étant isolée dans les règles de l’art, les différents points du bâti où l’isolant est compromis et qui engendrent en conséquence d’importantes déperditions thermiques sont supprimés.

La résistance du bâtiment aux variations de température, et donc aux vagues de froid et aux fortes chaleurs est donc renforcée, d’autant plus si l’isolant mis en place affiche une faible conductivité thermique et une importante résistance thermique. Ainsi, les occupants n’ont plus à pousser à fond leur climatisation en été et leur chauffage en hiver pour vivre dans des conditions les plus optimales. Les besoins énergétiques du logement ainsi que ceux des occupants sont donc réduits à leur strict nécessaire. À la clé, des économies substantielles sur les factures d’électricité et chauffage et un confort thermique sans faille.

On peut ajouter à tout cela le confort acoustique garanti par l’isolation. Les occupants sont donc à l’abri des pollutions sonores de l’extérieur.

Si l’on a fait le choix d’intégrer l’installation d’une VMC (ventilation mécanique contrôlée) dans son projet de rénovation énergétique, on peut encore pousser encore plus le niveau de confort de vie à domicile et de préservation de la santé du foyer. Ce système assure le renouvellement permanent de l’air à l’intérieur des pièces (il a été constaté que l’air intérieur pouvait être huit fois plus pollué que l’air extérieur). Plus précisément, il extrait automatiquement l’air vicié du logement au profit d’un air frais venant de l’extérieur. Dans sa version double flux, il a la capacité de rafraîchir l’air entrant en été et de produire de l’air chaud en hiver grâce à son échangeur thermique, ce qui peut bien entendu se solder par des économies énergétiques sur la climatisation et le chauffage. De plus, ce système double flux a l’avantage de supprimer les déperditions thermiques inhérentes à la ventilation.

Le gain énergétique découlant de travaux de rénovation énergétique réussis peut se décupler davantage lorsque l’on troque son vieux chauffage contre une chaudière à très haute performance énergétique ou THPE (le chauffage représente environ deux tiers de la facture énergétique des ménages). Grâce au système de récupération qui leur permet de réexploiter une énergie autrefois délaissée (calories présentes dans les fumées émanant de la combustion du fioul et du gaz), les THPE sont moins énergivores que leurs ainées et peuvent garantir un rendement pouvant aller au-delà de 100%. Ces appareils constituent un investissement conséquent certes, mais ils sont éligibles à la quasi-totalité des aides financières. On pourra alors, sous certaines conditions, financer toute ou partie de sa chaudière THPE.

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Réduire sa dépendance aux fournisseurs d’énergie grâce à la rénovation énergétique

Dans le cadre de la rénovation énergétique d’un bâtiment, la mise en place d’un dispositif produisant de l’énergie renouvelable comme les panneaux photovoltaïques peut déboucher sur un bilan énergétique passif, voire positif. Plus propre que le charbon, plus pérenne que le pétrole et le gaz, l’énergie solaire permet aux ménages de produire leur propre énergie (autoconsommation électrique) et, éventuellement, de revendre les surplus de production non utilisés sur le réseau.

Ainsi, on réduit significativement sa dépendance aux opérateurs d’électricité et on se protège par conséquent des hausses à venir. Bien entendu, l’évolution du coût de l’électricité est inéluctable. Selon des projections, ce coût fera l’objet d’une hausse de 100% d’ici 2023. Qui plus est, l’autoconsommation photovoltaïque permet de gagner jusqu’à 50% sur sa facture énergétique (un autre point qui explique l’économie d’énergie découlant de la rénovation énergétique).

Là encore, le foyer peut prétendre à des aides financières pour alléger son investissement. S’il envisage l’installation des panneaux photovoltaïques en autoconsommation avec injection des excédents de production sur le réseau, il se trouve dans le champ d’application de la prime à l’autoconsommation photovoltaïque dont le montant peut aller jusqu’à 390 €/kWc, selon la puissance installée. En principe, cette prime est reversée par l’opérateur qui acquiert les surplus de consommation, à l’instar d’EDF Obligation d’Achat.

Rénovation énergétique rime avec bâtiment décarboné

La décarbonation ou décarbonisation d’un bâtiment, comme l’indique son nom, consiste à rendre ce dernier bien plus sobre en carbone en réduisant significativement ses émissions de GES, notamment de dioxyde de carbone. Ce changement est effectivement l’une des promesses d’une réhabilitation énergétique réussie.

Plus précisément, il résulte de l’amélioration des performances et de l’efficacité énergétique du logement, l’utilisation des énergies décarbonées (notamment les énergies renouvelables) au détriment des énergies fossiles. Il s’agit donc d’adopter des systèmes de production plus sobres. Ainsi, un bâtiment sobre en carbone aura moins d’impacts négatifs sur l’environnement. C’est alors la raison pour laquelle le gouvernement encourage fortement les travaux de rénovation énergétique des bâtiments, en sachant qu’à lui seul, le secteur parc immobilier français représente 44% de l’énergie consommée en France et émet plus de 123 millions de tonnes de dioxyde de carbone chaque année.

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La rénovation énergétique valorise le patrimoine immobilier

Pour environ 90% des Français, un bien immobilier bénéficiant de performances énergétiques élevées prend de la valeur. Ainsi, les travaux de rénovation énergétique permettent au propriétaire de faire d’une pierre deux coups. Comme le témoigne un spécialiste en la matière, après les travaux, non seulement un logement voit sa valeur augmentée de 3 à 5%, mais il est également plus facile à revendre ou à louer.

En outre, un bâtiment rénové qui est parvenu à passer d’une classe inférieure vers la classe B ou A du DPE peut prétendre à une plus-value pouvant osciller entre 14 et 27%.