Maintenir la cheminée et les conduits d’évacuation de la fumée propres est essentiel et constitue un gage de sécurité. Cela implique d’effectuer le ramonage selon une certaine périodicité. Il s’agit d’une opération qui permet d’éliminer les suies et divers dépôts présents dans le conduit d’évacuation afin de limiter les risques d’incendie et d’intoxication au monoxyde de carbone. Il permet également d’assurer une bonne économie d’énergie dans la demeure. Voici tout ce que vous devez savoir concernant le ramonage.

Quand effectuer le ramonage de la cheminée ?

Vous devez faire ramoner votre cheminée soit pendant l’été ou à la fin du printemps pour être bien préparé à une utilisation intense pendant la période hivernale. Il n’est pas recommandé d’attendre le début de l’automne, car vous aurez peut-être déjà besoin de vous réchauffer.

Le ramonage est-il obligatoire ?

La loi a rendu le ramonage de cheminée obligatoire en France. Cette obligation est régie par les règlements sanitaires départementaux. Vous pouvez les consulter auprès des préfectures ou sur leur site internet. Ainsi, le ramonage devra être fait une fois dans l’année pour les chaudières à gaz et deux fois dans l’année pour les installations au charbon, au bois et au fioul.

L’un des deux ramonages devra se faire en période de chauffe. Retenez cependant que selon les régions ou votre compagnie d’assurance, le nombre de ramonages obligatoire à faire peut varier. Vous pourrez également avoir besoin d’en faire plus si votre cheminée fonctionne beaucoup plus que la normale au cours de l’année. La non-conformité à cette loi vous expose à une amende de classe 3 qui peut atteindre 450 euros. Par ailleurs, en cas de sinistre, le montant de votre indemnisation par l’assurance peut aussi être réduit ou annulé.

ramonage cheminée

Quelques autres raisons qui rendent indispensable le ramonage

Les cheminées et les conduits d’évacuation s’encombrent et s’encrassent rapidement au fur et à mesure des chauffages. Suies et cendres se forment sans oublier les nids d’oiseaux, les brindilles et autres débris déposés par le vent qu’on y retrouve. Ces différents dépôts, lorsqu’ils s’accumulent, conduisent à une mauvaise aspiration/évacuation des gaz brûlés avec pour conséquence un ralentissement de la fumée.

Cela refroidit le conduit d’évacuation et provoque la condensation des fumées qui encrassent encore plus la cheminée. Les répercussions peuvent parfois être dramatiques allant de l’obstruction, au refoulement et à l’incendie. Ainsi, le ramonage pour entretenir votre cheminée vous permet d’assurer la sécurité et la santé des habitants de votre maison et également du voisinage. Il contribue à limiter les risques d’empoisonnement au monoxyde de carbone et améliore le fonctionnement de votre cheminée. Pour rappel, on compte par an en France plus de 3000 cas d’intoxication au monoxyde de carbone et une centaine de décès. L’entretien des cheminées n’est donc pas à prendre à la légère.

Comment s’effectue le ramonage ?

Pour commencer, il existe différents types de ramonage. On distingue : la méthode mécanique et la méthode chimique.

Le ramonage chimique

Le ramonage chimique contrairement au ramonage mécanique ne nécessite pas l’intervention d’un ramoneur. Vous pouvez le réaliser vous-même sans solliciter une aide extérieure. Il suffit en effet de brûler des cristaux de ramonage ou une bûche ramoneuse. En brûlant, ils libèrent des produits chimiques qui détruisent les résidus logés dans la cheminée.

Cependant, il convient de préciser que cette option de ramonage n’est pas aussi efficace que le procédé mécanique. Il ne vise que l’entretien du conduit et peut uniquement vous dépanner. Il n’est pas non plus reconnu par les compagnies d’assurance. Le ramonage chimique ne peut donc pas remplacer le ramonage mécanique ou manuel.

Le ramonage mécanique

Il doit être réalisé par un professionnel et est divisé en plusieurs phases. La première est l’entretien du conduit. Il consiste à débarrasser la cheminée ou le poêle à bois des déchets et résidus qui encombrent le conduit d’aération. Pour ce faire, le ramoneur se sert d’une perche avec hérisson. C’est un accessoire qui se glisse au sein du conduit dans toute sa hauteur soit par le bas soit par le haut. Il permet le décollage des dépôts de combustion et suies qui sont présents.

Un aspirateur adapté est ensuite utilisé pour aspirer toutes les saletés. Le déflecteur est également démonté et nettoyé, de même que les canaux de circulation de la fumée. Ce dernier cas implique de démonter les trappes afin de nettoyer l’intérieur des tuyaux. Le processus est clôturé par l’étape de vérification du fonctionnement et du tirage de la cheminée.

Quelques précautions nécessaires

Certaines précautions sont cependant de mise. Pour ne pas avoir de mauvaises surprises à la fin, il est conseillé de protéger efficacement votre intérieur en disposant par exemple un sac poubelle ou une bassine sous le conduit de la cheminée. Recouvrez également vos meubles et autres équipements fragiles avec une couverture ou une bâche de protection le temps de l’intervention. Gardez aussi les enfants et animaux domestiques loin de la pièce durant l’opération. Par ailleurs, en fonction de la quantité de goudron (bistre) accumulé, un débistrage peut s’avérer nécessaire.

Quand le débistrage s’impose

Le bistre se forme sous l’action conjointe de la vapeur d’eau et de la suie qui se dégagent au moment de la combustion. Il tapisse le conduit et est hautement inflammable. Le débistrage est donc le procédé qui consiste à débistrer à l’aide d’une machine à tête rotative en fer qui percute le conduit pour faire tomber le bistre.

Il devient nécessaire lorsque ce dernier a durci et que le ramonage devient inefficace. Le hérisson glisse ainsi dessus le bistre sans pouvoir le gratter. On le fait également quand on veut installer un tubage au sein d’un conduit maçonné pour en améliorer l’isolation ou l’étanchéité. D’ailleurs, il est important de retenir que le débistrage ne s’effectue que sur un conduit maçonné.

Le ramonage : par quel genre de professionnel doit-il être effectué ?

Seul un ramoneur agréé peut vous fournir un certificat de ramonage valide aux yeux de la municipalité et de votre compagnie d’assurance. Vous devrez veiller à engager une entreprise ou un professionnel qualifié et reconnu par l’Organisme professionnel de qualification et de classification du bâtiment (Qualibat). Dans le cas contraire, en cas de sinistre par exemple, votre assurance peut vous priver de toute indemnisation en déclinant toute responsabilité. Par ailleurs, le recours à un professionnel vous garantit une qualité et une minutie dans la réalisation des travaux.

À la fin de sa prestation, le professionnel vous fournit un certificat de ramonage. Il s’agit d’une attestation afin de prouver que vous avez réellement effectué le ramonage de votre cheminée et qu’elle fonctionne bien. Il inclut la période de ramonage, les éventuelles recommandations, en ce qui concerne les réparations, et les conduits qui ont été nettoyés.

Le certificat est signé par le ramoneur pour attester de l’authenticité du contenu. Dans le cadre d’un ramonage annuel, le certificat est valable un an. Mais dans le cadre d’un ramonage bimensuel, il est alors valable 6 mois. En cas de sinistre et de destruction de l’original de votre certificat, vous pouvez vous tourner vers votre ramoneur, car il conserve normalement un double qui lui permet de justifier de sa prestation.

ramoneur, à quel genre de professionnel faire appel

Le ramonage de cheminée : quel prix ?

Le tarif de ramonage de votre cheminée dépendra d’un certain nombre de facteurs qui peuvent également varier selon les régions. On distingue notamment le type de cheminée, la fréquence d’utilisation, la taille du conduit, la date du dernier ramonage…

Le type de cheminée et sa fréquence d’utilisation

Le type de cheminée détermine dans un premier temps le tarif du ramonage. Comptez par exemple entre 40 et 70 € si vous avez un chauffage au charbon ou au bois, 40 à 60 € si vous avez un chauffage au gaz et 50 à 80 € si vous avez un chauffage au fioul. En dehors du ramonage même, les devis prennent aussi en compte la sécurisation des lieux et le nettoyage de la suie. Les frais de déplacement peuvent aussi être ajoutés.

La taille du conduit

Le ramonage s’effectue sur toute la longueur du conduit de la cheminée. Le prix est donc lié au niveau de difficulté. Si par exemple, votre cheminée est grande, il faudra que le ramoneur monte sur le toit. Ce facteur peut l’amener à augmenter le devis. Il faudra donc en discuter avec lui au préalable.

La date du dernier ramonage

Le coût de votre ramonage dépendra également de l’état d’entretien de votre cheminée. Si vous aviez autrefois négligé son ramonage durant plusieurs années en dépit du fait que vous l’utilisez régulièrement, le coût vous reviendra sûrement plus cher. Avec le temps, les résidus auront en effet eu le temps de bien s’incruster et de se solidifier dans le conduit. Cela rend le travail plus difficile pour le ramoneur. Ainsi, ce premier ramonage vous reviendra plus cher que les suivants.

qui doit payer le ramonage

Qui doit payer le ramonage ?

Généralement le paiement des frais de ramonage revient à l’utilisateur de la cheminée. Si vous êtes locataire, c’est à vous que revient l’entretien de la cheminée si vous vous en servez. Cette obligation d’entretien est souvent rappelée dans votre contrat de bail. En cas de changement de locataire, le propriétaire doit veiller au bon état et à la propreté des conduits et si un ramonage s’avère nécessaire, les frais pourront être partagés entre lui et le locataire sortant.

Si par contre vous habitez dans un immeuble en copropriété, le règlement peut vous interdire l’utilisation des feux de cheminée au niveau des parties privatives. Dans ce cas, c’est en général au syndic d’effectuer le ramonage au moins deux fois par an. Mais si vous pouvez utiliser votre cheminée, alors ce sera à vous de le faire, que vous soyez propriétaire ou locataire.

Ramonage et assurance habitation

La législation en matière d’assurance ne change pas que vous ayez une cheminée ou non. Cependant, en raison de la présence de cette dernière, il est nécessaire d’avoir une bonne assurance habitation que vous soyez locataire ou propriétaire. Les risques qui sont liés à la présence d’une cheminée sont réels et trop importants pour ne pas prendre des précautions. Vous devrez donc être plus attentif aux différents points de votre contrat multirisque habitation.

Veillez aux conditions de votre contrat MRH

Tous les MRH comportent une garantie incendie et vous n’êtes donc pas obligé de souscrire une garantie optionnelle quand vous avez une cheminée. Cependant, veillez aux points relatifs au montant des franchises, aux exclusions de garanties et aux conditions de remboursement. Comme précisé précédemment, l’assureur se chargera de vérifier deux facteurs, avant toute indemnisation : votre droit d’utilisation de la cheminée à travers votre bail de location ou le règlement de la copropriété, mais également la preuve que le ramonage de votre cheminée a bien été effectué.

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Les risques en cas de non-respect de cette obligation

Au niveau pénal, vous risquez une contravention qui peut varier de 68 à 450 euros. S’il y a eu incendie ou si le conduit a été dégradé, votre responsabilité civile ou pénale peut être engagée que vous soyez propriétaire ou locataire.

Si votre assureur arrive à prouver que le sinistre est directement lié à l’absence de ramonage, elle peut réduire votre indemnisation, la refuser ou majorer la franchise applicable. Dans le cas du refus d’indemnisation, cela ne pourra être applicable que si c’est précisé dans les conditions générales de votre contrat. Quant à la franchise, votre assureur peut en imposer une sur le versement de l’indemnité et elle peut représenter soit un pourcentage du montant de l’indemnité ou une somme fixe.

Le ramonage est un procédé obligatoire d’entretien des cheminées afin de garantir votre propre sécurité et celle des tiers. Une cheminée non entretenue vous expose en effet à des risques d’inhalation de monoxyde de carbone et d’incendie. Le ramoneur est le professionnel qui s’en occupe et il vous délivre à la fin un certificat de ramonage qui garantit en cas de sinistre que votre responsabilité n’est pas engagée. On distingue principalement deux types de ramonages : la méthode chimique et celle mécanique. Vous pouvez réaliser la première vous-même, mais la seconde ne peut être faite que par un ramoneur professionnel.