Le taxi s’arrête sous les marronniers du Cherche-Midi. Une porte cochère en ogive laisse deviner un intérieur hors norme. Vous avez vu les chiffres circuler dans la presse : le prix demandé pour l’ensemble serait de l’ordre de 50 millions d’euros. Ce montant, exceptionnel, suscite des interrogations sur la surface réelle, le statut juridique du bien et les servitudes qui pèsent sur la propriété. Cette synthèse rassemble les éléments accessibles publiquement, les pistes de vérification et les implications pour un acquéreur potentiel.
Le prix demandé et l’état de la mise en vente
La presse spécialisée et certains communiqués d’agences immobilières mentionnent un prix indicatif situé autour de 50 M€. Cette valeur est indicative : elle dépend fortement de la surface et des usages possibles (habitation, siège d’entreprise, usage mixte). Les annonces médiatiques facilitent le repérage, mais elles ne remplacent pas la consultation des actes notariés et du cadastre pour confirmer l’assiette foncière et les droits attachés.
| Élément | Valeur indicative | Source recommandée |
|---|---|---|
| Prix indicatif | ~50 M€ | Communiqués de presse et annonces d’agences |
| Surface approximative | À vérifier (bâti + parcelle) | Cadastre, actes notariés, diagnostic de surface |
| Prix au m² comparable | Variable selon état et classement | Fiches de transaction et comparables à Saint-Germain-des-Prés |
| Statut de la mise en vente | Annonce publique possible | Annonce d’agence, registre notarial, infopropriété |
Pour confirmer l’existence d’une mise en vente effective, il est conseillé de demander au notaire la copie du compromis ou de l’acte, ainsi que la liste des conditions suspensives. La consultation du cadastre et du fichier immobilier permet de vérifier la contenance de la parcelle et d’identifier les éventuelles divisions cadastrales récentes.
Sources et méthodes de vérification
Pour recouper les informations, il est recommandé de consulter :
- Le cadastre et le plan de la parcelle pour connaître la contenance et les limites cadastrales.
- Les extraits d’actes notariés et le registre des hypothèques pour lister charges et servitudes.
- Les bases publiques comme Mérimée pour les informations patrimoniales et la DRAC pour les autorisations.
- Les diagnostics techniques (amiante, plomb, performance énergétique) et les rapports d’expertise structurelle.
Le passé architectural et le statut juridique
L’édifice conserve des traits architecturaux du XVIIIe siècle assortis d’aménagements plus récents. Les hôtels particuliers de ce secteur de Paris ont souvent subi des transformations internes pour s’adapter aux besoins modernes (ascenseurs, cloisonnements, mises aux normes électriques et sécurité incendie). La présence d’éléments d’intérêt patrimonial ou d’un classement partiel aux Monuments historiques influe sur les possibilités de modification et sur le coût des travaux.
| Période | Événement | Source recommandée |
|---|---|---|
| XVIIIe siècle | Construction originelle et composition architecturale | Archives municipales, base Mérimée |
| XIXe – XXe siècle | Aménagements intérieurs et changements de propriétaires | Actes notariés et recensements |
| Années récentes | Travaux de restauration ou de remise aux normes | Dossiers de la DRAC, permis de construire |
Si le bien bénéficie d’une protection au titre des Monuments historiques ou d’un classement partiel (façade, toiture, éléments intérieurs), toute intervention lourde sera soumise à autorisation préalable de la DRALe classement entraîne des obligations en matière de conservation mais ouvre aussi droit à certaines aides et à un régime fiscal favorable pour des travaux de restauration.
Servitudes, contraintes et obligations pour l’acheteur
Outre les aspects patrimoniaux, plusieurs éléments juridiques doivent être vérifiés : les servitudes de passage, les droits de préemption éventuels (collectivités locales), les hypothèques et l’existence de baux encore en cours. La lecture attentive du dernier état hypothécaire et des annexes à l’acte notarié permet d’identifier les charges financières et les restrictions d’usage. De même, un certificat d’urbanisme renseignera sur les possibilités de modification et sur les règles d’implantation applicables.
Avant toute offre, il est prudent de commander :
- Un audit technique complet (structure, toitures, fluides, isolation).
- Les diagnostics obligatoires à la vente (amiante, plomb, termites, performance énergétique).
- Une revue des titres de propriété et des servitudes par un notaire expérimenté.
- Une estimation indépendante prenant en compte les contraintes patrimoniales.
En conclusion, le 95 rue du Cherche-Midi est un bien d’exception dont la valeur affichée reflète autant le prestige et l’emplacement que les contraintes liées au statut patrimonial et aux servitudes. Pour un acquéreur potentiel, la diligence raisonnable passe par la consultation des actes, des diagnostics techniques et des services de la DRAC afin d’apprécier précisément le coût réel d’acquisition et de conservation. Demander à voir les pièces justificatives et réaliser des expertises avant signature sont des étapes indispensables pour maîtriser les risques financiers et juridiques.






