Avec un grand sourire, Sylvie Niel nous ouvre la porte de son bureau parisien. Les rayures de son pull annoncent bien la couleur de son métier : coloriste.


Un style coloré pour un œil avisé

Sur un balcon de verdure soigneusement entretenu s’ouvre une grande fenêtre derrière laquelle elle travaille ses nuances. Sous le flot de lumière de cet après midi ensoleillé, Sylvie explique que seule la lumière du jour permet à l'œil de bien discerner les variantes de couleurs, parfois infimes, et d’en desceller toutes les subtilités.
Au fil des planches de style, des photos et des ouvrages, issus de l'expérience de Sylvie, se dévoilent des lignes de voitures, des motos, des créations d’architectes, ou des textiles, ou encore des façades de maisons anciennes, et même ... un porte-avion !


« La couleur touche à tout »

C'est ce que Sylvie Niel affirme en dévoilant ses travaux sur le patrimoine Châtillonnais compilés dans le guide « Restaurer, Aménager, Bâtir en Pays Châtillonais » en collaboration avec l’agence Kargo Architectes.
Des dizaines de planches passent en revue les demeures, les entrées de villages, les vues panoramiques sur lesquelles Sylvie exerce son œil avisé : « Mon travail consiste à faire comprendre l’importance des couleurs et de leurs choix pour mettre en valeur un patrimoine en adéquation avec les sensibilités et les dominantes régionales ».


Une profession de coloriste dans l'ombre

Mais la profession de coloriste souffre d’un manque d’exposition bien qu’elle soit indispensable à l’industrie et au patrimoine.
Titulaire d’un DNSAA (Diplôme National Supérieur des Arts Appliqués) et d’un certificat d’aménagement d’espaces verts et de voirie, Sylvie reconnaît que la route est longue et exigeante pour arriver à exercer ce métier. Entre autre, son expérience hors norme de 8 ans chez Jean-Philippe Lenclos, un maître en la matière et qui reste pour beaucoup le « pape » de la couleur en France, lui a ouvert des univers où la couleur trouve toute sa place.

Pour un important industriel de l’automobile japonais chez lequel elle a été consultante pendant 10 ans, elle a mené au sein du département Style et Design, des études comparées des couleurs fondamentales en Europe , document qui trouve par ailleurs son application dans tous les domaines industriels où la couleur est un avantage concurrentiel majeur.
« Le monde de l’automobile est un secteur difficile mais extrêmement passionnant et enrichissant, qui touche des supports variés où la création est infinie en couleurs et matériaux » dit-elle.


La couleur est universelle, pas sa signification

Du Japon aux États-Unis, comme en Europe, les perceptions, les nuances et les associations de couleurs sont différentes et n’ont pas les mêmes significations. C’est ainsi l’axe majeur du travail de Sylvie : rendre attractive une gamme, « un style » dans chacun des pays où elle se trouve commercialisée.
Pour le futur, bien qu’ elle avoue aimer le monde de l’industrie comme celui de l’architecture et du paysage, en fait dans notre environnement, tout ce qui touche à la couleur, Sylvie est ouverte à d’autres univers comme le passé l’a déjà montré. Une certitude cependant : la suite sera toujours pleine de contrastes.